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C'est l'histoire d'une pépinière de renom, d'un éléphant, et ...

le mardi, 27 mai 2014. posté dans Idées Vertes

L'avenir des pépinières peut il passer par leurs salariés ?

La question est absurde me direz vous. Evidemment, l'avenir d'une entreprise dépend de ses salariés, de leur compétence, savoir-faire, motivation, implication.... Mais encore ?
Cet article me "chatouillait" depuis quelques temps déjà et la bonne nouvelle d'aujourd'hui m'incite à enfin prendre le clavier pour vous raconter l'histoire d'une pépinière de renom, une belle entreprise, ancrée dans son histoire et son territoire et celle d'un éléphant en pleine métamorphose. Mais quel lien entre tout cela ? Peut être celui de l'avenir de grandes pépinières françaises et de leurs salariés.

Une  pépinière de renom, crée en 1897...

logo pépinières McKay USAC'est histoire d'une belle pépinière, créée en 1897. Mais voilà un jour le pépiniériste propriétaire n'ayant pas de successeur, la question s'est posée de l'avenir de l'entreprise. Cette pépinière s'appelle Mc Kay Nursery, elle est installée dans le Wisconsin aux USA, à Waterloo, précisement. Pourtant elle n'a pas coulé ;-) Aujourd'hui, elle poursuit son développement, gérée par ses 150 propriétaires salariés "employee owners"

Pour découvrir les Pépinières Mc Kay : www.mckaynursery.com

Le projet de SCOP des Fralib devient réalité

Il y a des actualités que l'on a plaisir à ranger dans le rayon des "bonnes nouvelles" #courbeverte (en opposition à la #courberouge qui a toujours tendance à focaliser nos esprits)

détournement logo elephant pour fralib par http://www.gilblog.org/16-categorie-11645887.htmlLa marque de thé l'Eléphant est née en Provence en 1896. C'est la marque de thé et d'infusions la plus populaire en France (90% de  notoriété) En 1972, Unileverr rachète le Thé Éléphant au groupe Ricard. Cinq ans plus tard, Unilever crée Fralib en fusionnant cette société avec celle des thés Lipton. La restructuration du groupe passe par plusieurs étapes : délocalisation des productions de la marque l'Elephant,.. jusqu'à l'annonce de la fermeture de Fralib en 2010.

Oui mais voilà, les salariés eux croient dans leur savoir-faire et la rentabilité possible de leur activité sur le site de Gémenos. Ils construisent un projet de scop, société coopérative et participative, obtiennent le soutien de collectivités et des consommateurs.  Aujourd'hui,  au bout de quatre années (1336 jours), les 76 salariés de Fralib mobilisés sur le projet, ont trouvé un accord avec Unilever et vont pouvoir lancer concrètement leur activité en scop (mais sans la marque éléphant si j'ai bien compris)
Lire : Le monde http://www.lemonde.fr/emploi/article/2013/11/13/la-vie-chahutee-des-fralib_3507509_1698637.html

La reprise en Scop : une troisième voie ?

logo scopJe vous passe les détails du bras de fer, car dans l'histoire Fralib, (il y a le problème de la marque, etc ...)  Au travers de ces exemples, je voudrais surtout vous transmettre mes convictions qu'une entreprise n'est pas forcément vouée à être rachetée par un actionnaire (financier) extérieur ou à mourir. D'autres voies existent, en particulier celle de la reprise par les salariés. À fin 2012, le réseau des scop comptait 2 165 sociétés adhérentes, représentant 43 860 salariés.(voir les chiffres clés réseau scop)
La scop c'est le chemin que sont également en train de prendre les employés des Papeteries de Docelles en Lorraine, une des plus vieilles papeteries de France, crée en 1478, menacée de fermeture. Leur propriétaire actuel a refusé 2 projets de rachat par des entreprises extérieures.

Dans ses 2 cas, les collectivités territoriales apportent leur soutien au projet. Il faut dire que l'économie sociale et solidaire commence à être mieux connue et perçue comme une alternative possible aux crises actuelles. Voir le portail de l'ESS du ministère de l'économie

Rq : le crowdfunding (financement collaboratif) et les implications des clients et fournisseurs sont également de plus en plus utilisés en levier sur ces projets.

Complément d'information donné par un lecteur (Merci à lui) Des actionnaires extérieurs aux seuls salariés pouvant aussi s'impliquer (jusqu'à 49 % des parts .)

Et coté horticulture pépinière ?

Il existe quelques scop en entreprise de production horticole et pépinière française. Je prendrais comme exemple :

  • Végétal 85: pépiniere et paysage en Vendée depuis 1976
  • Floranjou : entreprise horticole du 49 qui a été gérée en scop de 1992 à 2013 et continue maintenant en sarl VEGEFLOR

Pourquoi je vous raconte cela ?

arc en ciel sur la loireSi vous suivez un peu l’actualité du secteur horticole français, vous aurez certainement fait le lien avec l’avenir des pépinières « Jardiland »
Mais ce sujet  concerne également la problématique de la pyramide des âges des chefs d'entreprise de l'horticulture et la pépinière en France. Il y a 20 ans, on pouvait dire que l'on était dans l'anticipation lors de conférences et de forums dédiés (type FORINSTAL pour ceux qui s'en souvienne) Aujourd'hui le mur est là. La conjoncture "pas idéale" (pour le moins que l'on puisse dire) peut inciter des chefs d'entreprises à arrêter les frais (encore faudrait il qu'ils n'y laissent pas trop de "plumes") Trouver 1,2 repreneur(s) qui vont à eux seuls porter l'entreprise, ses risques et ses projets devient de plus en plus difficile ; les candidats de plus en plus rares. Sauf, que ...ces candidats sont peut être déjà dans l'entreprise !

Pourquoi "oser" reprendre une entreprise lorsque l'on est salarié ?

prendre les risques ensemble photo groupe escaladePeut être tout d'abord parce que l'on a un boulot et que l'on a envie de le garder. Peut être parce que l'on croit dans son entreprise et que l'on ne se verrait pas faire autre chose ... Peut être parce que l'on a des idées sur des façons de développer l'entreprise différemment et que cela serait tentant d'essayer....  Peut être parce que l'on se dit qu'il y a une bonne équipe avec un savoir faire complémentaire, une culture de l'entreprise, Peut être parce que finalement  et pourquoi pas ! ...

Evidemment l'aventure de chef d'entreprise est un sacré défi et l'envie, l'énergie n'est pas donnée à tout le monde. Mais le faire ensemble, c'est partager les risques et l'envie, apporter de la confiance aux partenaires extérieurs. Je ne veux surtout pas donner des leçons, simplement ouvrir le champ des possibles

L'avenir des pépinières "Jardiland"

logo jardiland nouveauRacheté depuis fin janvier, par le fond d’investissement du Liechenstein L-GAM (voir article LSA), le groupe Jardiland souhaite se séparer de ses activités de production qui avaient été acquises par le précédent investisseur.

  • Pépinières André Briant (fondée en 1933, 100 salariés permanents environ,près d'Angers 49) sont également à vendre, selon les bruits angevins, bien que dans leur cas, il n'y ait pas de communication officielle à ma connaissance.

Toutes ces entreprises sont des grands noms de la pépinière française. Des centaines de personnes y ont travaillé, fait leur stage, avec fierté de l'annoncer dans leur CV. Et ces nouvelles ne peuvent laisser personne indifférent. Espérons que de bonnes nouvelles arrivent prochainement.

Reportage France3 aquitaine, Pépinières Desmartis :  Vidéo cliquez sur ce lien si vous n'arrivez pas à visualiser

 Vos réactions et commentaires (polis,constructifs, non spammeurs...)  sont les bienvenus :)Sourire

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